Retour LE COMPOSITEUR INTERPRETE La reconnaissance de l’instrument En 1709, un claveciniste italien nommé Bartolomeo Cristofori, conservateur des clavecins et épinettes du prince florentin Ferdinand de Médicis, met au point un cembalo col piano e forte, ou “clavecin” capable de reproduire les nuances piano et forte. En fait, la dénomination “clavecin” n’est qu’une référence à l’instrument le plus à la mode en ce début du XVIIIème siècle, car l’invention de Cristofori est à cordes frappées alors que le clavecin est à cordes pincées. Pourtant, cette géniale trouvaille continue pendant les vingt années qui suivent à se faire appeler cembalo si bien qu’il est difficile de savoir si les grands musiciens de l’époque comme Domenico Scarlatti ou Antonio Vivaldi en ont eu connaissance. Le mot “pianoforte” n’apparaît qu’en 1732. Johann Sebastian Bach, en visite à Dresde pendant l’année 1736, essaie les pianofortes du grand organier Gottfried Silbermann , fabriqués d’après les plans de Cristofori. La légende raconte que le Kantor de Leipzig n’a point apprécié la sonorité ni la mécanique de ces nouveaux instruments. Silbermann les aurait détruits à coups de hache! Il faut attendre le 7 mai 1747, à la cour de Potsdam, pour que le pianoforte passe du monde des facteurs à celui des compositeurs. A l’occasion de sa visite chez le roi Frédéric II le Grand, Johann Sebastian Bach montre publiquement sa reconnaissance du nouvel instrument à clavier. Sur un thème donné par le roi en personne, Bach improvise avec succès une fugue à trois voix, devant toute la cour. Ce baptême est important car Frédéric II, bien que despote, n’en est pas moins éclairé. Ami des lettres, grand collectionneur d’art, il attire à sa cour de Sans Souci les plus grands penseurs et artistes de l’époque. C’est donc à partir de cette date-clef que l’intérêt des compositeurs pour le pianoforte va se répandre dans toute l’Europe. Après ce lancement réussi, tout s’accélère pendant la deuxième moitié du XVIIIème siècle. Plusieurs facteurs s’investissent dans la fabrication de pianofortes et améliorent la mécanique de manière à donner au son plus de présence; il devient puissant avec une mécanique lourde en Angleterre, alors qu’il est plus feutré car issu d’une mécanique légère, en Autriche. C’est sur ces pianos Zumpe, Tschudi, Broadwood, Stein ou Streicher que les premiers pianistes vont se produire en public. |